A l'origine, ce blog ne rendait compte que de notes de livres de cinéma parues dans des revues. Cela permettait de les rassembler sur un unique support (une bonne vingtaine manque et il me faudrait les rechercher et les ajouter !). Les revues papier étant trimestrielles ou semestrielles, ce blog autorise des comptes-rendus en temps réel et en avant-première, il propose des liens, photos et affiches, des extraits musicaux et filmiques, et, surtout, des corrections et compléments. C'est un confort et un avantage non négligeables ! Au fil des notes égrenées, la censure est devenue de plus en plus prenante et omniprésente, en apportant une spécificité a priori involontaire. Cela ne veut strictement pas dire que la censure du cinéma est en recrudescence : on voit partout ses obsessions là où les autres ne supputent et n'entendent rien ! Pour que ce blog soit vivant (fréquenté et lu) - faire un compte-rendu de livre quotidien est une tâche impossible - l'évidence d'une actualité censoriale est venue. J'ose donc espérer que ce blog censorial voué certes au 7° Art, mais aussi aux jeux vidéo, aux affiches de cinéma et publicitaires, aux clips et chansons..., soit original et attractif !


mardi 6 mars 2012

Quand le V renversé rime avec sexe !

Suite à ma notule antérieure, j'ai recherché d'autres affiches filmiques pouvant illustrer mes propos ! Les a-mateurs seront comblés avec ce petit aperçu d'affiches de cinéma où le V renversé des jambes est une symbolique sexuelle méconnue du public mais subliminale, créée pour les inciter à aller inconsciemment voir le film ! Précisons que le léger flou (7e) artistique n'est pas une censure mais un problème (technologique) de reproduction ! Les vues sont empruntées sur deux sites cinéphiles ici et ! Il peut y avoir des doublons, il manque certainement des films ! Les curieux pourront essayer de trouver les intitulés, cinéastes et années, des films. Rien n'empêche de compléter la liste !
Albert Montagne

lundi 5 mars 2012

Hasta la vista ou la symbolique cachée du V sexuel !



Profitant du succès international du film Les intouchables d'Eric Tolédano et Olivier Nakache et surfant allégement sur la désormais veine royale des films d'handicapés, Hasta la vista de Geoffrey Enthoven, film belge Grand Prix des Amériques à Montréal distribué en France par Claude Lelouch, sort sur les écrans ! L'histoire est simple : trois jeunes de vingt ans toujours vierges décident d'aller en Espagne pour leurs premières expériences sexuelles. Mais les trois jeunes sont handicapés : l'un est aveugle, l'autre confiné sur une chaise roulante, le troisième paralysé. L'affiche, fort explicite, montre les obsessions du trio qui, tout petit en arrière plan, se trouve, par un jeu visuel, placé entre les jambes - centre de leurs préoccupations et occupant tout le premier plan - d'une beauté que l'on devine fatale, aux chaussures à talons aiguilles et robe courte rouges. Lesdistes jambes dessinent un V renversé qui, depuis, l'affaire du film collectif Les infidèles, symbolise clairement un triangle (sexuel) ou pubis mis sens dessus dessous suggérant ouvertement l'acte érotique. Si le moindre doute subsiste sur cette lecture sexy, il faut relire le synopsis du film !
Albert Montagne

PS. Comme me le fait remarquer Stéphane Le Troëdec, cette symbolique occultée se retrouve aussi dans le film Rien que pour vos yeux de John Glenn (1981) - en fait, la liste est longue ! - où Roger Moore "tire son coup" entre les jambes d'une beauté sculpturale vue de "fesse". On peut approfondir cette métaphore sexuelle en pensant au cousin français de James Bond, OSS 117, avec Le Caire, nid d'espions de Michel Hazanavicius (2006), dans lequel Jean Dujardin séduit la princesse Al Tarouk en comparant tout en finesse le sexe masculin à un pistolet : "Ceci est un pistolet, par le passé il a su faire parler beaucoup de monde, hommes comme femmes, d'ailleurs... Il se charge et se décharge comme ceci. Chargé, déchargé. Chargé, déchargé. Chargé... déchargé. C'est une arme fiable, ferme et qui a un coefficient de pénétration…". 

dimanche 4 mars 2012

Zorro contre Lee Van Cleef



Surprise, ce dimanche soir, en zappant par hasard sur la 3, je tombe sur Zorro, le cavalier qui surgit dans la nuit... et, en écoutant distraitement la musique qui ponctue les grands sourires et les longs silences de Bernardo, je découvre le grand - par la taille - Lee Van Cleef déguisé en méchant péon ! Le futur Sentenza de l'excellent Le Bon, la Brute et le Truand (Il buono, il brutto, il cattivo) de Sergio Leone (1966), est déjà prometteur en crapulerie dans l'épisode intitulé Welcome to Monterey (1958). Il donne pas mal de fil à retordre à Zorro : il lui vole sa montre à gousset, fait prisonnier Bernardo et affronte finalement et fatalement Zorro à l'épée. Mais ce n'est pas la première rencontre étonnante de Zorro, je me souviens d'un assez bon Masciste contre Zorro d'Umberto Lenzi (1963), fort drôle et assez fauché, vu les costumes et les décors, dans lequel Maciste, pectoraux gonflés à bloc et poitrine athlétique nue, demande, à raison, à Zorro, cape et masque et tout de noir vêtu, ce qu'il fait là, dans son film (à moins que ce ne soit l'inverse) ! Maciste étant un héros de l'Antiquité gréco-romaine, l'équivalent au cinéma d'Hercule/Héraclès, et Zorro un héros - de fiction - de la Californie espagnole du XIXe siècle, cette rencontre prend tout son sel ! Comme quoi, avec Zorro, tout et n'importe qui peut arriver !
Albert Montagne

vendredi 2 mars 2012

Un Oscar vaut bien une coupe !


Le Point nous apprend qu'une courte scène du film Les infidèles, tournée (notamment) par Alexandre Courtès, aurait été censurée au montage pour ne pas nuire au succès du film The Artist qui était en quête d'Oscars ! Il faut préciser que certains esprits retors mettaient déjà fortement en doute l'obtention du moindre Oscar avec le scandale des affiches censurées du film Les infidèles ! La scène, qui avait été présentée au Congrès des exploitants de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF) en septembre dernier, montre Jean Dujardin avec sa maîtresse dans la chambre d'un hôtel new-yorkais. Le téléphone sonne ! C'est sa femme qui vient aux nouvelles. Il lui répond que tout va bien, alors que derrière lui, sur la baie vitrée de sa chambre, en arrière plan, un avion s'écrase contre une des tours du World Trade Center. C'est cette scène - a priori drôle, qui fait hautement référence au 11 septembre - qui a été supprimée. Mais il n'y a pas lieu de se lamenter car on devrait fort probablement la retrouver dans les bonus du DVD à sortir ! Et puis, un oscar - la statuette - ne vaut-il pas une coupe ? Alors 5 Oscars, cinq coupes ?
 Champagne ?
Albert Montagne

jeudi 1 mars 2012

Goon Vs Lana Del Rey


Quel point commun peut-on trouver entre l'affiche du film Goon, dur à cuire, de Michael Dowse, et la couverture du magazine allemand Spex ? Sur l'affiche - interdite à Montréal - l'acteur Jay Baruchel, n'érigerait pas simplement un V de la victoire en tirant sa langue en guise d'insulte, son geste serait fortement sexuel et évoquerait bel et bien un cunnilingus, le V symbolisant alors un sexe féminin ! Cette lecture ne laisse aucun doute sur l'interprétation de la Une de Spex où Lana Dal Rey - chanteuse à la voix envoûtante faisant dresser les oreilles les plus rebelles ! - fait la promotion de son nouvel album Born to die. La pochette contraste d'ailleurs avec une Lana fort sage, tirée à quatre épingles et sérieuse comme un ange aptère (ceci dit en (tré)passant) ! Sur le magazine, on ne peut que concéder que la belle Américaine, au maquillage et à la tenue peu classiques, mime bien un cunnilingus et que sa prestation, visuellement plus convaincante, suggérerait une bisexualité ou une lesbiénité ! Pourtant, il semble que cette couverture n'ait suscité aucune prise à partie des bien-pensants teutons ! De quoi s'étouffer d'indignation en pensant à la censure de Goon !
 Albert montagne 

PS. Merci à Christophe, lecteur assidu de Spex (et de Big Blog), pour l'info !


mardi 28 février 2012

Valentin's Day !


L'Oscar du meilleur acteur du cru 2012 est décerné à Jean Dujardin ! C'est la fête à Valentin, Valentin George, la vedette du film The Artist (L'artiste) ! Pour la première fois dans l'Histoire du cinéma, un film français a non seulement remporté 5 Oscars - le Graal du cinéma par 5 fois ! - mais aussi trois Golden Globes, sept Baftas, six Césars… La liste est longue et forte pour l'instant, si l'on consulte le site IMDB, de 73 prix internationaux ! J'adore Jean Dujardin, notamment pour ses deux 0SS 117 - Le Caire, nid d'espions (2006) et Rio ne répond plus (2009) - qui, pour moi, supère, par son humour bien français, James Bond, son alter ego, à l'humour so british ! Comme tout le monde le sait, Jean Dujardin, prix d'interprétation masculine à Cannes, n'a pas pas eu le César ! Frustrant, mais les States valaient bien mieux ! Et vive le Prince Jean consacré ! Et l'Oscar étasunien venge bien l'affront français ! Il fait même oublier les fâcheux qui, par le scandale des affiches censurées du film Les infidèles, mettaient en doute l'obtention du moindre Oscar ! Justement, plutôt 5 Oscars mondiaux que 5 Césars hexagonaux ! Ceci dit, le film est-il vraiment français ? A quel pourcentage ? A quel degré des techniciens ? des capitaux ? des décors ? Mais qu'importe ! The Artist consacre un des meilleurs acteurs français, et, ne l'oublions pas, un nouveau réalisateur, Michel Hazanavicius !
Albert Montagne

vendredi 24 février 2012

La Sociéte de transports de Montréal censure une affiche du film Goon !


Le journal de Montréal nous apprend que le film Goon, dur à cuire, de Michael Dowse, s'est vu aujourd'hui retirer une de ses trois affiches par la Société de transports de Montréal (STM) qui a réagi à des plaintes de quelques usagers du métro. L'affiche retirée est celle mettant en scène l'acteur Jay Baruchel dont la gestuelle serait offensante. Certains pourraient penser que l'acteur ne fait qu'ériger un simple V de la victoire et tirer sa langue en guise d'insulte, d'autres pensent que le geste n'est que sexuel et évoque bel et bien un cunnilingus, le V symbolisant alors un sexe féminin ! Si on regarde de près, la photo est affublée d'un petit commentaire : gross misconduct (faute grave en anglais). Cette histoire rappelle la censure récente de quatre affiches du film Les infidèles, notamment celle de Jean Dujardin sis entre les jambes ouvertes en V d’une femme renversée !
Albert Montagne

Valentine's Day !


Jour de fête pour Valentine, 7 ans, superbe vache de race gasconne choisie pour illustrer l'affiche du Salon international de l'agriculture (SIA) qui se tient à Paris, à la Porte de Versailles, du 25 février au 4 mars ! Mais ce n'est pas la première fois qu'une vache est à l'affiche ! Tous les cinéphiles ont encore en mémoire La vache et le prisonnier (1959) d'Henri Verneuil, avec Fernandel et sa vache Marguerite (film colorisé pour redonner du poil à la bête !). C'est l'histoire d'un prisonnier de guerre français en Allemagne qui se fait la belle avec sa vache en allant par monts et "veaux" ! On pense aussi à Ma vache et moi (Go West, 1925) de Buster Keaton. C'est l'histoire, dans l'Ouest étasunien, de Friendless, un jeune homme seul et sans ami, qui se lie d’amitié avec Brown Eyes, une vache, elle aussi esseulée, qui se prend à son tour d'amitié pour lui et le suit partout. Plus pointu, en parlant de vache et de mort au cinéma, le véritable nom du tueur du Juge et de l'assassin (1975) de Bertrand Tavernier est Vacher ou Bouvier (gardien de vaches ou de boeufs). Plus simplement, qui ne s'est jamais tartiné, tout petit, la fameuse Vache qui rit ? Bon, pourquoi cet intitulé, Valentine's Day, et cette notule sur une vache dans ce blog ? C'est pour promouvoir, tout bêtement, l'amour vache (et sans cornes)(pour, tout le monde s'en doute, ne blesser personne) !
Albert Montagne

jeudi 23 février 2012

Fin heureuse de l'affaire A Serbian Film pour le directeur du festival de Sitjes.


20 minutos.es nous apprend le dénouement de l'affaire A Serbian Film en Espagne. En octobre 2010, suite à la projection du film A Serbian Film durant le 42e festival du cinéma fantastique de Sitges, Angel Sala, le directeur du festival, avait été poursuivi par la Federación de Asociaciones para el Maltrato Infantil et la Confederación Católica Nacional de Padres y Familia y de Alumnos, pour diffusion "d'images crues de sexe et de violence contre des mineurs" et délit d'incitation à la "pornographie enfantine". 
La défense avait dû démontrer, en présentant le making off du film, que des images de mineurs n'apparaissaient pas dans les scènes de sexe et qu'elles avaient été réalisées avec des fragments de mannequins et non pas avec des enfants réels. Ce mercredi 22 février, la juge Marga Fe Subirats, titulaire du Juzgado n° 8 de Vilanova, a considéré que le film n'était pas pornographique et qu'il était "spécifiquement un film du genre gore".  Elle a argumenté en précisant que des scènes du film pouvaient "être qualifiées, d'exécrables, de masochistes et d'une violence extrême, mais, qu'en aucune façon, elles n'avaient pour but l'excitation sexuelle". La juge a aussi tenu en compte que le film avait reçu de nombreux prix internationaux et qu'il n'y avait pas volonté de commettre un délit. Elle a donc classé l'affaire, les faits incriminés ne constituant pas une infraction pénale. A Serbian Film n'a pas fini de faire couler de l'encre !
Albert Montagne

PS. La consultation du site IMDB atteste que film est réellement pour un public averti : il est souvent frappé d'interdiction aux mineurs de 18 ans et s'est même parfois vu refuser son visa : Spain : (Banned) / Finland : K-18 (self applied) / Australia : Refused Classification (2011) (censored) / Australia : Refused Classification (2010) (uncut) / Denmark : 15 / Norway : 18 (uncut) / Australia : R (2011) (heavily censored) / USA : Not Rated (uncut version) / Brazil : (Banned) / Brazil : 18 / South Korea : Limited (edited version) / Canada : 18+ (Quebec) / Japan : Unrated (self-rating : R-20) / USA : NC-17 (edited version) / Norway : Banned (uncut) (re-rating) / Sweden : 15.

mercredi 22 février 2012

Godzilla, une métaphore du Japon d'après-Guerre


Alain Vézina, Coll. Images d'Asie, L'Harmattan, décembre 2011, 190 p., 19 euros.

Quand on dit monstres au cinéma, on pense pour les EU à King Kong (1933), enfanté par la crise de 1930, et, pour le Japon, à Godzilla (1954), engendré par la bombe. Ce Godzilla est une nouvelle édition - la première est de 1997 - remise à jour avec l’explosion de la centrale nucléaire de Fukushima de 2011. Godzilla (I. Honda, 1954) est une bombe atomique vivante destructrice. Son souffle radioactif (dé)génère champignons de fumée, éclairs, secousses, incendies, qui ne prêtent aucune équivoque sur sa nature. Godzilla n’est pas né de Little Boy et de Fat Man, les bombes d’Hiroshima (à l’uranium) et de Nagasaki (au plutonium) (les EU voulant comparer en 1945 les différents effets), mais de Castle Bravo, une bombe à hydrogène 1.000 fois plus puissante. Testée le 1er mars 1954, elle contamine quelque 700 bateaux de pêche japonais, irradie quelque 500 tonnes de poisson qui sont enterrées ou détruites, prive des millions de Japonais de poisson et met en péril l’industrie nippone de la pêche. C’est ce drame qui inspire le Gojira de 1954. Dans un pays où l’armée est interdite, la science doit contribuer au bien être de l’Humanité et non à sa destruction. Dans les années 60, Godzilla ne représente plus la menace nucléaire mais la paix et l’ambivalence du nucléaire, destructeur et bienfaiteur. Il devient comique et sympathique, le Japon renouant avec la croissance économique. Dompté et transformé, il garantit la prospérité. La menace écologique apparaît avec les industries polluantes dans Godzilla Vs The Smog Monster (Y Banno, 1971). Godzilla illustre bien la dimension religieuse qui mêle polythéisme et animisme. Les hommes, se prenant pour des dieux et voulant dompter la Nature, provoquent l'ire de Godzilla, protecteur du sacré/fantôme du passé, et l’attention d’extraterrestres/dieux. Dans Godzilla Vs Biollante (K. Omori, 1989), Biollante est issu de l’ADN d’une Japonaise, des cellules de Godzilla et d’une rose, mais le vrai monstre est le scientifique/apprenti sorcier ! En 1985, Godzilla, sacralisé monstre du cinéma américain, incarne le communisme. Godzilla symbolise toujours un danger, naturel (séisme, tsunami) ou humain (nucléaire, société). En 1990, A. Kurosawa filme dans Rêves le mont Fuji rouge, avec une population qui fuit, et substitue poétiquement aux monstres atomiques - aux Godzilla et Mithra - des nuages (ne dit-on pas que les nuages prennent les formes qui sont en nos esprits ?). Pour conclure, la catastrophe de Fukushima, confirmant que l’Homme ne maîtrise pas le nucléaire, ne signe-t-elle pas le retour de Godzilla et la renaissance du kaigu eiga, film de monstres ? Ce livre sur les dangers - et bienfaits - du nucléaire, devrait en séduire plus d'un(e) !
Albert Montagne

mardi 21 février 2012

Présidents, poil aux dents ! 150 ans de caricatures présidentielles.


Didier Porte, Guillaume Doizy, Flammarion, février 2012, 224 p., 25 euros.

C'est un ouvrage satirique qui tombe à point et paraît en février 2012, juste avant les présidentielles, pour toucher, en plus de lecteurs classiques, des électeurs en mal d'inspiration. J'avoue d'emblée que la couverture n'est pas de mon goût (une caricature bien choisie eut suffi), comme le titre, Présidents, poil au dents !, fort irrévérencieux ! Mais le contenu, avec ses textes et reproductions historiques de Guillaume Doizy et commentaires engagés - parfois trop ! - et caricaturaux de Didier Porte, mélange savoir et humour. Ce livre retrace 150 ans de caricatures présidentielles, de Louis Napoléon Bonaparte, le fossoyeur (1848), à Nicolas Sarkozy, l'hyper bling bling (2007). Les qualificatifs, imagés et forts, donnent le ton et laissent deviner la plume acérée de Didier Porte ouverte à outrance. Abondamment illustrés, 23 portraits vivants nous font revivre l'histoire de France par les caricatures - certaines sont des perles - en faisant défiler les chefs d'Etat oubliés, tel René Coty, le transparent, redécouvert dans OSS 117, Le Caire, Nid d'espions de Michel Hazanavicius (2006), et médiatiques, tel Charles De Gaulle, le géant, qui, profitant de la Guerre d'Algérie, réactiva le délit d'outrage au président de la République, prévu par la loi de 1881 mais tombé en désuétude, et multiplia les censures sur les livres, les revues, les journaux, le cinéma et les dessins ! On apprend, on sursaute, on rit et, parfois, ça fait mal... aux (prési)dents ! Les caricatures ne touchent pas que les présidents, elles sont toujours d'actualité et s'attaquent à tous les hommes politiques. Il y a une semaine, le 16 février 2012, le journal espagnol El Pais fut interdit au Maroc pour avoir osé publier une caricature du roi Mohammed VI !
Albert Montagne

lundi 20 février 2012

Ai Weiwei au Jeu de Paume, un doigt d'honneur à la censure chinoise ?


Étude de perspective La tour Eiffel, 1995-2003, Ai Weiwei, Tirage couleur



Étude de perspective Tiananmen, 1995-2003, Ai Weiwei, Tirage n&b
L'exposition Entrelacs présente du 21 février au 29 avril 2012 au Jeu de Paume l'oeuvre de l'artiste dissident chinois d'Ai Weiwei. Arrêté en avril 2011 par les autorités de son pays et libéré sous caution en juin 2011, il est toujours interdit de sortie du territoire et cette exposition peut donc être vue comme un véritable doigt d'honneur à la censure chinoise ! Le site du jeu de Paume présente l'artiste : "homme de communication qui observe l’état du monde, l’analyse et tisse des liens avec ses semblables par de multiples canaux. L’exposition, qui présente également des vidéos de l’artiste est centrée sur les photographies d’Ai Weiwei : celles par lesquelles il rend compte des mutations profondes du paysage urbain de son pays ; celles aussi qui relèvent d’une démarche plus artistique (...). Par la richesse de son iconographie, cette exposition consacrée à Ai Weiwei tend à montrer la diversité et la complexité du personnage et sa manière d’être constamment en relation avec le monde. D’où cette idée d’entrelacs, de liens qui ne cessent de se tisser par-delà les frontières et les obstacles en tout genre". Une exposition au Jeu de Paume à ne pas remettre à deux mains, pardon, à demain !
Albert Montagne

dimanche 19 février 2012

Peau d'Ane ou la recette du gâteau d'amour à la portée (musicale) de tous !

Pensant aux nombreuses personnes esseulées en quête de l'âme soeur qui en ont gros sur la patate et qui ont à coeur la grande bouffe - qu'elle soit ferrerrienne ou pas - et qui voudraient casser la graine et briser des coeurs, l'idée du gâteau d'amour - aphrodisiaque tant que nous y "sommes", car en pleins rêves éveillés ! - au cinéma a germé en mon esprit ! La référence au film Peau d'âne de Jacques Demy (1970) et à la séquence de la recette chantée du gâteau d'amour m'est aussitôt montée aux papilles. Mesdemoiselles, mesdames, pour rendre follement amoureux l'Autre, rien de tel qu'un bon gâteau, préparé avec amour et surtout avec passion ! Quelques conseils ! D'abord, il faut impérativement exiger un philtre de qualité, qui soit à la fois d'amour et phonique, ceci afin de pouvoir pousser la chansonnette le plus loin possible avec l'être aimé ! Ensuite, pour que le charme agisse pleinement et que la pâte lève le mieux du monde, il faut, non seulement, suivre les instructions à la lettre, en utilisant scrupuleusement les ingrédients - les meilleurs qui soient - dans l'ordre indiqué, mais, surtout, chanter sans la moindre hésitation ou interruption toutes les incantations magiques. Quelques précisions en toute amitié. Primo, il n'est point besoin d'allumer un feu de cheminée pour que l'envoûté déclare a posteriori sa flamme ! Secundo, toute note fausse ou oubliée annulera irrémédiablement l'enchantement amoureux et la récipiendaire n'aura alors qu'à s'en prendre à sa maladresse vocale si la part ingurgitée ne procure pas les effets "escontés" (de fées) ! Pour conclure tout bêtement en restant nonobstant optimiste, il ne faut aucunement être une cuisinière chevronnée peut réussir cette recette car, comme le corrobore le proverbe corneillien, fort sage au demeurant, "La valeur n'attend pas le nombre des ânées" !
A.-P. M.

PS. La prochaine fois, je dévoilerai en cas de rupture ou de tromperie de l'Autre les recettes véritables de la pomme, croquante à souhait, de Blanche-Neige et les sept nains (Snow White and the Seven Dwarfs, 1937) des studios Disney, et du ragoût de boeuf (bovin castré) de Soleil vert (Soylent Green, 1973) de Richard Fleischer.

samedi 18 février 2012

L'exposition Alfonse Dagada bombée à Rouen !


La galerie Anne Perré à Rouen a été taggée en représailles à l'exposition Alfonse Dagada présentée. L'artiste, dont le site personnel contient un avertissement : "certaines images à caractère pornographique sont susceptibles de heurter la sensibilité du jeune public", célèbre les "femmes de poche se repliant tels des dépliants, géantes déroulées, corps décapités" et agence "accessoires érotisés ou phallus menaçants". Dans la nuit du jeudi 16 au vendredi 17 février, une main anonyme a bombé deux vitres de la galerie de "PD" et de "PORNO", interprétant a priori l’œuvre sise derrière : Tabourets IqueueA (la meute) ! Le taggeur connait-il Salvador Felipe Jacinto Dali ? Taggerait-il aussi le Crâne atmosphérique sodomisant un piano à queue ? En attendant, la publicité est faite et les oeuvres d'Alfonse Dagada sont à découvrir du 2 février au 31 mars au sein de la galerie.
Albert Montagne

Précisons que le texte cité est de Barnabé Mons et que la photo du bas est de Rémi Vimont !

jeudi 16 février 2012

Le SNJT demande la libération de deux journalistes tunisiens !



Le Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) a demandé mercredi sur son site: "la libération immédiate des deux journalistes du quotidien Attounissia arrêtés plus tôt dans la journée. Le rédacteur en chef d'Attounissia, Habib Guizani, et son directeur général Nassreddine, Ben Saida, ont été arrêtés aujourd'hui suite à la publication d'une photo à la UNE du journal jugée immorale. Le SNJT a dénoncé l'intimidation des journalistes et un usage abusif de la loi dans la mesure où les arrestations interviennent en vertu du code pénal et non pas sur la base du décret-loi n° 115 relatif à la liberté de presse, d'impression et d'édition. Le syndicat avait critiqué tôt dans la journée la publication par Attounissia de la photo qualifiée de scandaleuse". Pour dédouaner les fauteurs, il faut préciser que le journal n'avait fait que reproduire une photo parue en une du magazine allemand GQ avec le footballeur allemand d'origine tunisienne Sami Khedira. En costume et noeud papillon, il occulte d'une large main la poitrine d'une superbe créature blonde que l'on devine nue, la mannequin et présentatrice télé Lena Gercke, qui est aussi son épouse ! Ceci dit, l'affaire n'est pas gagnée pour les deux journalistes qui, pour atteinte aux bonnes mœurs, sont passibles de 6 mois à 5 ans de prison et/ou d'une amende de 120 à 1.200 dinars.
Albert Montagne

Obscenity, une expo profane et sacrilége de Bruce LaBruce à Madrid !


La galerie madrilène La Fresh Gallery présente ce jeudi 16 février 2012 une exposition à l'intitulé provocateur Obscenity  de Bruce LaBruce - plutôt connu comme un spécialiste du porno gay - qui offre au public - dixit le site de la galerie - "une série de portraits qui illustrent la convergence divine entre le sacré et le profane", précisant que "les vies des saints sont remplies d'actes extatiques et de sublime sexualité qui s'expriment dans des formes plus perverses et sexuelles". Le moins que l'on puisse dire est que ses photos, qui érotisent à outrance la religion romaine et pour lesquelles interviennent des stars espagnoles : l'actrice Rossy de Palma, la chanteuse Alaska (en quête de publicité ?), ne sont pas du tout du goût des Catholiques ! Le partido social cristiano Alternativa Española appelle à un rassemblement pour protester contre cette exposition blasphématoire le 17 février 2012 à 19 h 30  au 5 de la  Calle Conde de Aranda de Madrid. 
Albert Montagne

mercredi 15 février 2012

X, lettre infâme ou pas ?





Après la symbolique au cinéma du V incitant ouvertement à la censure, il était logique que l’on s’intéressât à son parent proche, le X. Si l’on parle de lettres de noblesse, on oublie qu’il existe aussi des lettres d’infamie : le Q et, surtout, le X ! Mais des lettres peuvent être simplement coquines comme initiales d’un mot dans l’intitulé d’un film X, mot que tout cinéphile non cruciverbiste averti peut aisément combler : Adolescentes et déjà p..., Le c... de Maryline, Dommage qu’elle soit une p..., Histoire de c... ! X est le titre laconique - réduit à sa plus simple (s)expression ! - de deux films, l'un fantastique, l'autre érotique jouant sur la fibre érotique pour obtenir une aura de scandale et une publicité gratuite : X ou The Man with the X-Ray Eyes (L'horrible cas du Dr X) de Roger Corman (1963), un film d'horreur qui donne la chair de poule, et X ou Night of Vengeance de Jon Hewitt (2012), un film interdit aux mineurs de 18 ans au Royaume-Uni pour son langage grossier, ses scènes de sexe et de violence. Le film est à ce jour non visé en France ! Mais qu’en est-il plus précisément du X, la lettre de la mise en X ou de l'ixification ? Gérard Lenne, dans La Revue du cinéma (n° 428, juin 1987), est le premier à s’être penché sur la symbolique du X : "X, l'emblème de l'anonymat. Une façon de nommer l'innommable, donc l'inquiétant. C'est le début de la délinquance (...). Au départ, le X provient sans doute de la cotation américaine équivalente, celle de l'interdiction aux mineurs, plus grave et plus dangereuse que le R de Restricted (...). Il s'ajoute ainsi à une longue lignée de signes d'infamie qui parsemèrent la face noire de l'histoire : l'étoile jaune imposée par les nazis, et bien avant la fleur de lys ou la lettre écarlate marquant les femmes adultères. Signes de reconnaissance, ils permettent de montrer du doigt, comme le Saint Office du Vatican, la mise à l'index. Pourquoi justement un X, dira-t-on, en nos temps modernes ? Il y a cette croix en X du code de la route, qui annonce (est-ce un hasard ?) le danger. Il y avait, symbole plus religieux, cette croix de Saint André, instrument de supplice pour l'apôtre ou pour nous. Ce qui nous renvoie à l'orgiaque : la fameuse "Crucifixion en rose" d'Henri Miller. La croix écartèle et/ou transfigure le corps, en position d'offrande (...). Enfin (ou par ailleurs), le X est la troisième lettre du mot Sexe". En fait, le X n'est à l'origine que la lettre mathématique de l'inconnue (sans jeu de mots) à découvrir (sans autre jeu de mots). Lettre banale qui évoque le sexe. En publicité, le X est la lettre magique qui fait vendre : Taille XXL, Parfum Xs, Voiture XM... Le succès de la série télévisée X Files, aux frontières du réel de Chris Carter (1993-2002) débouche sur deux films : The X Files de Rob Bowman (1998) et X Files, Regeneration de Chris Carter (2008), et celui de la BD The X-Men de Stan Lee et Jack Kirby sur six films : X-Men et X-Men 2 (X 2) de Bryan Singer (2000 et 2003), X-Men, l'Affrontement final (X-Men : The Last Stand) de Brett Ratner (2006), X-Men Origins : Wolverine de Gavin Hood (2009), X-Men, le Commencement (X-Men : First Class) de Matthew Vaughn (2011), The Wolverine de James Mangold (2012). Pour ma part, fan de Fantask, Marvel et Strange, je préfère nettement les BD des Editions Lug aux pâles copies métriques. Il existe aussi X-1999, film d’animation de Rintaro (1996) d’après le manga de Clamp, et Américan History X de Tony Kaye (1998). Pour conclure positivement, dans la culture anglaise, un X à la fin d'une lettre, d'une carte postale ou d’un mail, est un gros bisou, généralement multiplié par 2 ou plus, selon l’enthousiasme ! Bref, les X sont à (re)garder pour X raisons !
Albert Montagne

PS. La prochaine fois, si cette notule plaît autant que celle sur le V, je me pencherai sur la lettre Q au cinéma !

samedi 11 février 2012

Le V levé ou l'incitation à la... censure ?



Qui a dit que le V levé rimait avec Victoire * ? La toute dernière affaire des affiches du film à squetches Les infidèles de Fred Cavayé, Emmanuelle Bercot, Alexandre Courtes, Jean Dujardin, Michel Hazanavicius, Eric Lartigau et Gilles Lellouche (2012), a révélé que le V rimait avec Censure car il revêtait un caractère bassement machiste et discriminatoire ! Sur deux affiches, Jean Dujardin, parfaitement décontracté entre les deux jambes en V de sa partenaire renversée, commente : "Je rentre en réunion", confirmant bien l'acte sexuel ! Comme quoi il n'y a pas que la lettre X - ou Q - qui soit condamnable ! En effet, le V dessine symboliquement un triangle amoureux à deux - doutait-on que tout fût possible en amour ? - qui est directement assimilable au sexe féminin ! Cette pensée profondément érotique montre bien que les censeurs voient le sexe partout et surtout là où il n'est pas ! A contrario, les femmes, éprises de liberté et de publicité, n'ont pas dérogé à la règle et ont réussi à leur tour à sortir l'artillerie lourde avec l'affiche du film Arrête de pleurer Pénélope de Juliette Arnaud, Corinne Puget et Christine Anglio (2012) qui reprend - si l'on peut dire - l'allusion sexuelle de l'acte reproductif ! Logiquement, cette affiche devrait être elle-aussi censurée, les censeurs n'ayant pas d'humour comme l'humour n'a pas de sexe ! Historiquement, c'est le surréaliste Roland Topor qui a concrétisé le premier cette métaphore érotique avec son affiche - interdite - de L'empire de la passion de Nagisa Oshima (1978) dans laquelle le panache s'élevant du volcan Fuji Yama en éruption se confondait à la verticalité d'un sexe féminin et symbolisait un orgasme des plus chauds ! Subtilité de la censure, l'affiche fut autorisée en supprimant la fumée/fente du mont Fuji/mont de Vénus qui supprimait ainsi l'allusion à l'acte sexuel ! Plus récemment, l'idée du V corporel ouvertement sexuel est corroborée par l'affiche sud-coréenne originelle et aussi interdite du film Thirst de Park Chan Wook (2009). Celle-ci voyait deux corps qui, idéogrammes contrastés et unis dans une esthétique noir et blanc fort réussie, formaient une chauve-souris symbolisant le vampire qu'était devenu l'homme, la femme étant elle-même métamorphosée en une vamp sexy et sexuelle ! Si l'on va encore plus loin en essayant d'entrer dans la pensée des censeurs, on peut même analyser la forme des V triangulaires et opposer - et interdire - deux positions sexuelles (genre chinois "coups fous") des plus animales : celle, asiatique, de la chauve-souris, et celle, européenne, de la (petite) sirène ! L'affiche du film Les infidèles semble inspirée de celle du Paradis pour tous d'Alain Jessua (1982). 30 ans plus tôt, un Patrick Dewaere au mieux de sa forme culbutait, torse nu triomphant, une conquête mise sens dessus dessous noirs, sans connaître alors la moindre censure ! Pour compléter le V corporel à l'affiche, on doit signaler l'affiche théâtrale de Faites l'amour avec un Belge de Michaël Dufour (2009) dans laquelle l'homme, assurément un Belge entre les jambes d'une dame, semble ne pas vouloir prendre son pied mais plutôt un cornet de frites ! La frite (ou la patate) - sans chercher la moindre symbolique ! - lui manquerait-il ? Il doit assurément exister d'autres affiches avec un V corporel, mais ce sera l'occasion de nouvelles notules !
Albert Montagne

* Que l'on réfléchisse un tant soit peu, ne faudrait-il pas aussi interdire toute photo de Churchill faisant le V de la Victoire et arborant un énorme cigare  - allusion phallique par excellence ! - qui pis est allumé et au bout rougeoyant, symboliquement indécente ? A cette censure éminemment morale s'ajouterait la censure sanitaire et salutaire de la loi Evin qui interdit la moindre cigarette, cigare, cigarillo, pipe... sur toute photo, photogramme, affiche de cinéma ou de parfum, journal ou magazine... Ont été ainsi effacées à jamais les cigarettes de Jacques Chirac, Alain Delon, Annie Girardot et Coco Chanel, la pipe de Jacques Tati, les fumées de Serge Gainsbourg !

PS. L'idée du V formant un triangle (amoureux) suggérant un sexe féminin est corroborée par l'affiche du film Goon, dur à cuire (2011) de Michael Dowse, d'autant qu'une des affiches évoquant un cunnilingus a d'ailleurs été interdite à Montréal !



jeudi 9 février 2012

L'affiche d'Arrête de pleurer Pénélope censurable pour sexisme ?




Arrête de pleurer Pénélope de Corinne Puget et Juliette Arnaud est un film tiré de la pièce de théâtre à succès éponyme de Christine Anglio, Juliette Arnaud et Corinne Puget. Les auteures ont profité du scandale des affiches du film Les infidèles pour pasticher deux des quatre affiches incriminées. Sachant qu'elles ont été interdites pour leur sexisme machiste, nul doute que son équivalent féministe ne subisse le même funeste sort au nom de la parité censoriale ! Quoique, en réfléchissant, l'affiche vaginocrate est beaucoup plus drôle que les deux affiches phallocrates mettant en scène Jean Dujardin ! Elle va plus loin dans l'allusion sexuelle. La femme, dubitative, érige non seulement un V de la victoire avec les jambes poilues du mâle heureux aux pieds nus (contrairement à ceux, chaussés - référence fétichiste aux films hot - de la femme de l'affiche originale !) qui s'écartent du droit chemin mais, surtout, deux autres femmes, l'une désabusée, l'autre souriante, matent ce spectacle semblant ne pas manquer de sel. Qui plus est, le commentaire affiché : "En 2012, les femmes ont aussi leur film de potes" fait bien écho à l'ambigu "Je rentre en réunion" affirmé par deux fois. On remarquera, plus finement, que seule la femme porte le pantalon ! Comme quoi les femmes sont plus couillues que les hommes : elles osent tout et atteignent toujours le but - ou l'homme - assigné ! Censurée ou pas, cette affiche est un bon coup de pub inespérée pour le film !
Albert Montagne

lundi 6 février 2012

Millénium : les hommes qui n'aimaient pas les femmes de David Fincher censuré ou autocensuré ?



La diffusion de Millénium : les hommes qui n'aimaient pas les femmes (The Girl with the Dragon Tatoo) de David Fincher, adaptation du livre de Stieg Larsson - film qui avait déjà connu de Sony une autocensure de son affiche jugée trop érotique - est interdite en Inde. La raison invoquée est quatre scènes sexuelles jugées trop choquantes, à savoir deux scènes d'amour entre les deux héros : Lisbeth (Rooney Mara) et Mikael (Daniel Craig), une scène lesbienne et une scène de viol. Sony Pictures et David Fincher, le cinéaste, ont refusé de couper ou de flouter la moindre scène et ont donc renoncé à diffuser leur film en Inde, ce qui serait une auto-censure ! Conséquence, le Comité de censure indien a décidé que le film ne sortirait pas en Inde, ce qui serait une censure ! Censuré ou auto-censuré, peut importe ! Le film ne sera pas projeté en Inde ! Pour précision, le film est interdit aux moins de 12 ans en France, mais il est interdit aux moins de 14 ans en Italie, aux moins de 15 ans en Norvège et en Suisse, aux moins de 16 ans en Australie, en Allemagne, au Brésil, au Portugal et aux Pays-Bas, aux moins de 18 ans en Malaisie, au Royaume-Uni, au Canada, en Corée du Sud, en Argentine, en Irlande et aux Philippines. Comme quoi, le film connait différentes censures et autocensures, limitations d'âge, au gré des Etats et des époques ! Ah ! Censure quand tu nous tiens ! Pardon, quand tu nous détiens !
Albert Montagne

samedi 4 février 2012

La censure des critiques du cinéma, une nouvelle pratique en France ?


L'indépendant du samedi 4 février, dans La vérité si je mens : une information à la tête du client - le titre filmique n'est pas une boutade ! - révèle que les projections de films réservées à la presse sont de plus en plus ciblées, triées sur le volet et uniquement proposées aux médias connus pour n'écrire (ou ne dire) que du bien du film projeté. Pas la moindre critique négative au risque de se voir refuser a posteriori de futures projections ! France Info, Le Nouvel Observateur, Le Parisien, Le Figaro, Le Monde… dénoncent cette pratique de plus en plus répandue - une censure cachée ! - ou la promotion remplace les journalistes. Cette pratique qui provient des E.U. où les sommes mises en jeu, tant pour la réalisation du film que pour sa publicité, sont faramineuses, se justifie-t-elle en France ? L'Express précise que même les mensuels spécialisés, tels Première ou Studio Magazine, sont aussi écartés des projections, comme l'AFP, dont seuls les photographes sont invités pour immortaliser le tapis rouge ! Bref (intitulé d'un magazine spécialisé), à quoi servent les revues et les critiques de cinéma si ce n'est que pour recevoir et publier des photos et des textes formatés ? Si toutes les critiques de cinéma étaient positives tout le temps, leurs auteurs ne perdraient-ils pas de leur crédibilité, de leur impartialité et de leur âme ? Va-t-on opposer les critiques libres et tardives aux critiques élogieuses et immédiates ? Il est bien loin le temps où l'on se posait la question des grands critiques de cinéma : Jean-Louis Bory, Marcel Oms... qui écrivaient ce qu'ils pensaient et sublimaient même les navets ! Heureusement, il reste encore les spectateurs pour donner leur avis - encore autorisé - par le bouche à oreilles ! A part ça, faut-il aller voir l'opus 3 pour savoir s'il sera inférieur ou égal au numéro 1 ? Il n'y a qu'à penser, sans la moindre malveillance, aux Gendarme de Saint-Tropez, aux Bronzés, aux Mais où est donc passée la septième compagnie ?
Albert Montagne

vendredi 3 février 2012

Salon de l'érotisme à la Rochelle !


Ces samedi et dimanche 4 et 5 février 2012, pour lutter contre la vague de froid et de gel qui sévit en France et transit les coeurs et les corps de nos concitoyens, se tient à la Rochelle Eropolis, le salon de l'érotisme. Invitant à sortir couvert et à rester chaud, voire à devenir hot, le salon a la particularité d'être interdit aux moins de 16 ans, certains espaces étant totalement interdits aux moins de 18 ans et d'autres même aux hommes ! La visite du site nous aide à comprendre ces limites ! Les spectatrices et spectateurs pourront passer leur temps entre des shows chauds, un espace femmes gratuit et interdit aux hommes, un espace hot interdit aux moins de 18 ans, un espace de tournage X en direct, un espace streapteases, un espace gogo bar, des espaces de boutiques d'achats... L'entrée, fixée à 10 euros, semble relativement sage vu le sujet ! Le plus drôle, pour les cinéphiles et les universitaires, est que se tiendra aussi à la Rochelle, les 29 et 30 juin 2012, au sein de son université, un colloque Censure et cinéma, Vèmes rencontres Droit et cinéma : regards croisés ! Comme quoi, quand érotisme et censure se rencontrent !
Albert Montagne

jeudi 2 février 2012

L'ARPP interdit la campagne d'affichage du film Les infidèles

 
Ce jeudi 2 février 2012, l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité, l'ARPP, a décidé de se prononcer sur la campagne contestée d’affichage du film Les infidèles. "Ces deux affiches, qui mettent en scène les acteurs Jean Dujardin et Gilles Lellouche, dans des positions sexuelles explicites, et visibles sur les Colonnes Morris depuis le début de la semaine, sont contraires aux Recommandations de l’ARPP, en particulier les dispositions relatives au respect de la décence et de l’image de la personne humaine en publicité, tant bien même elles se rapportent au sujet du film, à savoir une comédie sur l’adultère. Conformément à ses statuts, l’ARPP a donc demandé aux professionnels concernés de faire cesser immédiatement toute diffusion de cette campagne et de renoncer à toute nouvelle diffusion utilisant ces visuels. Son adhérent, la société J.C. Decaux a immédiatement pris acte de cette intervention et pris les mesures nécessaires afin de retirer ces publicités dans la nuit de jeudi à vendredi. Parallèlement, le Jury de déontologie publicitaire, instance associée à l’ARPP, a été saisi de quatre plaintes à cette heure, qui seront examinées dès vendredi 3 février, dans le cadre de la procédure d’urgence prévue à l’article 17 de son règlement intérieur qui dispose que « Dans le cas d’un manquement manifestement grave et sérieux, qu’il convient de faire cesser rapidement, le Président de l’ARPP ou, par délégation, son Directeur Général, peut, conformément à la procédure d’urgence prévue par le règlement intérieur de l’ARPP, prendre sur le champ les mesures qui s’imposent, notamment en adressant une demande de cessation de diffusion aux professionnels concernés (annonceurs, agence, médias). Il en informe le Président du Jury. En cas de plainte, le cas est présenté pour délibération au Jury lors de la séance qui suit cette intervention. Sa décision fait l’objet d’une publication aux conditions prévues à l’article 21 ». Le JDP se prononcera donc prochainement". Remous et nouvelles affiches à suivre !
Albert Montagne

PS. Le 13 février 2012, le JPD donne sa décision : "3. Les motifs de la décision du Jury. « D’une façon générale, toute représentation dégradante ou humiliante de la personne humaine, explicite ou implicite, est exclue, notamment au travers de qualificatifs, d’attitudes, de postures, de gestes, de sons etc. attentatoires à la dignité humaine » (...). Le JDP observe que si les corps ne sont pas dénudés et qu’aucune partie sexuelle n’est montrée sur les affiches en cause, il n’en demeure pas moins qu’elles suggèrent avec évidence l’accomplissement de relations sexuelles. L’image donnée sur chaque affiche, par l’ensemble constitué des accroches, de la position des femmes et des attitudes des acteurs, renvoie à des stéréotypes éculés de la femme considérée comme un objet sexuel. Par ailleurs, ces publicités affichées au regard de tous sont susceptibles de choquer une partie du public (...). 4. La décision du Jury (...). Cette publicité, qui a manifestement cessé, ne soit pas reconduite".

Le magazine Pèlerin censuré au Maroc !


Après les censures par le Maroc, fin décembre 2011, de L'Express pour son numéro hors série La Grande Histoire des peuples arabes, et, début janvier 2012, du Nouvel Observateur pour son numéro hors série Les Arabes, des origines à nos jours, le prodigieux destin du peuple du désert, nouvelle censure ce jeudi 2 février 2012, du Pélérin, magazine catholique, qui consacre lui aussi un hors série de 82 pages à 50 clés pour comprendre l'islam : les fondements d'une religion, 14 siècles d'histoire, les enjeux de l'intégration, quel dialogue islamo-chrétien ? L'ouvrage comprend 4 parties : 12 clés pour savoir ou l'islam et son histoire, 12 clés pour comprendre ou le Coran, le livre de la Révélation divine, 12 clés pour découvrir ou la pratique de la foi musulmane et 14 clés pour rencontrer ou le Monde musulman. Le motif censorial, systématiquement évoqué par les autorités marocaines, est une représentation du prophète Mahomet, ce que conteste Pèlerin : "Nous avons appris aujourd'hui que ce hors-série était censuré car nous aurions fait une représentation du prophète. Or, il me semble qu'on ne voit jamais son visage dans le magazine". Pèlerin, sachant les censures de L'Express et du Nouvel Obs, pensait-il échapper à une censure ? A-t-il voulu profiter de la vague publicitaire inhérente : censure = pub gratuite = numéros achetés ? Tous ceux qui ont acheté les trois numéros ne vont-ils pas devenir des spécialistes du droit canon musulman ? Plus que jamais, l'islam, vu par l'Occident, semble être un sujet tabou au Maghreb !
Albert Montagne

L'affiche d'Underworld, Nouvelle ère, interdite par la RTM de Marseille !



Décidément, Métrobus et la RATP font des émules en province. Voila-t-il pas que le film Underworld, Nouvelle ère, le nouvel opus sanglant de Mans Marlind et de Stein Bjorn, se voit à son tour censuré à Marseille. Motif ? La RTM (la Régie des Transports de Marseille) et Média Transports (la régie publicitaire) censurent l’affiche au motif qu'elle montre l'héroïne en armes, « au vu de la violence régnant à Marseille ». Les truands phocéens - la trilogie du Parrain étant exclue ! - sont-ils cinéphiles plus que de raison ? Cette décision de censure est d’autant plus étonnante que les mêmes affiches circulent sur les bus parisiens (photo) depuis une semaine. On connaissait les censures municipales renforçant les censures étatiques et nationales pour motif de circonstances locales, désormais les censures privatives viennent donc compléter et infirmer les publiques ! Que conclure ? Comme la belle Kate Beckinsale, les bras m'en tombent ! C'est ce que l'on appelle une censure désarmante... de bêtise !  Que faire ? Il faut, Underworld étant, surtout ne pas perdre son sang froid !
Albert Montagne

Merci à Laurence Briaud pour son info !

mercredi 1 février 2012

Quatre affiches du film Les Infidèles auto-censurées ?



Les infidèles est un film à sketches sur l'infidélité vue par 7 réalisateurs : Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Michel Hazanavicius, Emmanuelle Bercot, Fred Cavayé, Eric Lartigau et Alexandre Courtès. Le film est sans concession, d'où l'avertissement "des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs", d'où l'humour des affiches qui peut paraître déplacer. Emmanuel Beretta, dans Jean Dujardin censuré, nous apprend que le film voit sa campagne d'affichage annulée. Les affiches illustraient les deux acteurs principaux dans des situations certes humoristiques et comiques, mais surtout sexistes, misogynes et machistes. (s)Explication ! Sur deux affiches, Gilles Lellouche semble s'ennuyer au téléphone avec son épouse tandis que la position d'une femme sise plus bas - sa maîtresse, qui plus est suppliante ! - semble suggérer une fellation, voire l'acte sexuel à venir, une fois après avoir raccroché avec sa femme ! Pour éviter tout doute, un commentaire précise : "Ça va couper, je rentre dans un tunnel" (référence hitchcockienne à la séquence ultime de La Mort aux trousses ?). Sur deux autres affiches, Jean Dujardin, debout, parfaitement décontracté et nonchalant, semble prendre son pied entre les deux jambes en V de sa partenaire renversée (au sens propre et figuré), sa maîtresse, vu l'intitulé filmique et vu que l'on ne peut voir son visage ! Le commentaire : "Je rentre en réunion" confirme bien l'acte sexuel !
Albert Montagne

Histoire juridique des interdits cinématographiques en France (1909-2001), l'harmattan, 2007.

Les monstres, du mythe au culte