



Qui a dit que le V levé rimait avec Victoire * ? La toute dernière affaire des affiches du film à squetches
Les infidèles de Fred Cavayé, Emmanuelle Bercot, Alexandre Courtes, Jean Dujardin, Michel Hazanavicius, Eric Lartigau et Gilles Lellouche (2012), a révélé que le V rimait avec Censure car il revêtait un caractère bassement machiste et discriminatoire ! Sur deux affiches, Jean Dujardin, parfaitement décontracté entre les deux jambes en V de sa partenaire renversée, commente : "
Je rentre en réunion", confirmant bien l'acte sexuel ! Comme quoi il n'y a pas que la lettre
X - ou
Q - qui soit condamnable ! En effet, le V dessine symboliquement un triangle amoureux à deux - doutait-on que tout fût possible en amour ? - qui est directement assimilable au sexe féminin ! Cette pensée profondément érotique montre bien que les censeurs voient le sexe partout et surtout là où il n'est pas !
A contrario, les femmes, éprises de liberté et de publicité, n'ont pas dérogé à la règle et ont réussi à leur tour à sortir l'artillerie lourde avec l'affiche du film
Arrête de pleurer Pénélope de Juliette Arnaud, Corinne Puget et Christine Anglio (2012) qui reprend - si l'on peut dire - l'allusion sexuelle de l'
acte reproductif ! Logiquement, cette affiche devrait être elle-aussi censurée, les censeurs n'ayant pas d'humour comme l'humour n'a pas de sexe ! Historiquement, c'est le surréaliste Roland Topor qui a concrétisé le premier cette métaphore érotique avec son affiche - interdite - de
L'empire de la passion de Nagisa Oshima (1978) dans laquelle le panache s'élevant du volcan Fuji Yama en éruption se confondait à la verticalité d'un sexe féminin et symbolisait un orgasme des plus chauds ! Subtilité de la censure, l'affiche fut autorisée en supprimant la fumée/fente du mont Fuji/mont de Vénus qui supprimait ainsi l'allusion à l'acte sexuel ! Plus récemment, l'idée du V corporel ouvertement sexuel est corroborée par l'affiche sud-coréenne originelle et aussi interdite du film
Thirst de Park Chan Wook (2009). Celle-ci voyait deux corps qui, idéogrammes contrastés et unis dans une esthétique noir et blanc fort réussie, formaient une chauve-souris symbolisant le vampire qu'était devenu l'homme, la femme étant elle-même métamorphosée en une vamp sexy et sexuelle ! Si l'on va encore plus loin en essayant d'entrer dans la pensée des censeurs, on peut même analyser la forme des V triangulaires et opposer - et interdire - deux positions sexuelles (genre chinois "coups fous") des plus animales : celle, asiatique, de la chauve-souris, et celle, européenne, de la (petite) sirène ! L'affiche du film Les infidèles semble inspirée de celle du
Paradis pour tous d'Alain Jessua (1982). 30 ans plus tôt, un Patrick Dewaere au mieux de sa forme culbutait, torse nu triomphant, une conquête mise sens dessus dessous noirs, sans connaître alors la moindre censure ! Pour compléter le V corporel à l'affiche, on doit signaler l'affiche théâtrale de
Faites l'amour avec un Belge de Michaël Dufour (2009) dans laquelle l'homme, assurément un Belge entre les jambes d'une dame, semble ne pas vouloir prendre son pied mais plutôt un cornet de frites ! La frite (ou la patate) - sans chercher la moindre symbolique ! - lui manquerait-il ? Il doit assurément exister d'autres affiches avec un V corporel, mais ce sera l'occasion de nouvelles notules !