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| Minuit/Nosferatu |
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| Minuit/La marque du vampire |
Minuit. Il est coutumier dans tout bon film d’horreur qui se respecte que l’horloge sonne les 12 coups, qu'un vent froid se lève et pénètre l'âme, que le sang se glace, que la chair de poule se hérisse, et que surgisse de l’ombre la plus noire le fantôme, à moins que ce ne soit le vampire. Dans Nosferatu (1922) de Friedrich Wilhelm Murnau, Hutter se coupe le doigt à minuit, faisant perdre son sang-froid au comte Orlock, et se découvre au matin deux morsures au cou. Dans La marque du Vampire (1935) de Tod Browning, Bela Lugosi prête ses crocs au comte Mora et se prend à vie pour un vampire. Dans La charrette fantôme (1940) de Julien Duvivier, chaque année à la Saint-Sylvestre, au dernier coup de minuit, la charrette fantôme apparaît. L’horloge, que l’on réfléchisse "un temps soit peu", est le sablier moderne de la Mort et les coups qui tombent sont les grains de sable qui annoncent sa venue, comme dans Le masque de la Mort rouge (1964) de Roger Corman. Mais, le 24 décembre, à minuit, celui qui surgit hors de la cheminée est le Père Noël. Que se passerait-il si, un 24 décembre, suite à une faille spatio-temporelle échappée de Nitmitz, retour vers l’enfer (1980) de Don Taylor, le Père Noël, descendant le long de la cheminée, était illico presto remplacé par un noir vampire ou un blanc fantôme ? Aurait-il encore une hotte ? Serait-elle rouge ou sanguinolente ? De quoi serait-elle remplie ? Les cadeaux féériques ne seraient-ils pas remplacés, "dans l’esprit" de L’Etrange Noël de Monsieur Jack (1994) et des Noces funèbres (2001) de Tim Burton, par des cadeaux macabres ? Chiots affectueux et baveux par des squelettes canins mordeurs et moqueurs ? Vins fins et spiritueux par de bonnes pintes et de belles poches de sang ? Bijoux et pierres précieuses par de vieux clous rouillés et des chaînes graisseuses ? Livres somptueux et imagés par des grimoires de magie et de sorcellerie ? Vêtements festifs et luxueux par des hardes et des serpillères dignes du Père Noël est une ordure (1982) de Jean-Marie Poiret ? Pour moi, peu m’en chaut, il est déjà l'heure de partir, sourd à tous ces bruits, vrais ou faux, car ma comtoise, telle celle de Goupi Mains Rouges (1943) de Jacques Becker, ne sonne plus depuis longtemps. Son mécanisme est bloqué, le temps s'est arrêté et les fantômes et les vampires, privés de leur indispensable heure - la dernière heure ou l'heure fatale ! - ne peuvent plus venir me hanter ! Bonnes fêtes et excellents frissons !
Albert Montagne
* Crime ? Cri ? Chianti ? Cadeau ? Canaillou ?


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