L'humoriste Stéphane Guillon, connu pour son humour politique, acide et courageux, peu apprécié des personnes visées et qui lui a valu moult déboires, annonce sur son site la censure de son dernier spectacle par Métrobus, la société d'affichage de la RATP, déjà connue pour ses interdictions de la cigarette d'Annie Girardot en 2011 et de la cigarette de Coco avant Chanel en 2009. Quelques 300 affiches promotionnelles, qui avaient été collées ce jeudi 26 janvier dans les couloirs du métro parisien, avaient été immédiatement décollées ou recouvertes le soir même ! Un cas typique de censure souterraine d'un rare zèle ! Que peut-on reprocher à l'affiche incriminée ? Un vin ou un alcool, une cigarette ou une fumée, en infraction à la loi Evin ? Non ! L'artiste, corps droit, tronc et tête baissés, a les mains jointes et ne tient strictement rien en mains ! Un geste équivoque ? Non ! L'homme tire - sans jeu de mots - sa révérence à son public, ce qui, de prime abord, est fort respectueux ! Un texte équivoque ? Non ! "En mai 2012, Stephane Guillon s'en va aussi". Quoique, en réfléchissant, mais en réfléchissant alors fort longuement et densément, la phrase pourrait faire référence aux présidentielles et pourrait donc paraître engagée en suggérant un autre départ ! Métrobus a confirmé cette solution : « Le slogan n'a pas été accepté par la RATP qui interdit toute communication à caractère politique ou religieux surtout pendant une période électorale ». Diantre ! On connaissait les temps d'interdiction de sondages en semaine de période électorale, les temps d'interdiction d'humour plusieurs mois avant les élections sont donc venus ! Plus que jamais, l'humour politique et engagé est donc interdit. Il est des sujets tabous à ne pas afficher sous peine d'être enterrés ! Coluche, qui s'était présenté aux présidentielles en 1981, doit se retourner dans sa tombe ! Il tomberait doublement sous le couperet de ladite règle et on peut même se demander s'il aurait eu droit à la moindre affiche dans le métro !
Albert Montagne

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